Cette semaine, je suis heureuse de participer en tant qu'autrice au festival du livre de Paris, sur le stand de mon éditeur, Eyrolles. L'occasion de vous dire quelques mots sur cette aventure palpitante parallèle à COLORI.
C’est con mais c’est probablement la première des raisons. Je dévore les livres. J’ai un goût prononcé pour les bons mots, les tournures délicieuses, les phrases savoureuses, les histoires avalées goulûment et celles que l’on déguste avec raffinement. Et lorsque l’on s’est tant repu, il devient naturel de vouloir tester ses propres recettes.
Pour cuisiner, il faut manger. Pour écrire, il faut lire.
Je crois au pouvoir des mots et à la puissance des histoires. Yuval Noah Harari a popularisé cette idée selon laquelle l’humain se différencie de l’animal, car il imagine des fictions. Les histoires, c’est finalement peut-être notre seul pouvoir magique. Elles dérangent, elles offusquent, elles émeuvent, elles enseignent, elles rassemblent. L'Iliade et l'Odyssée, Le Deuxième Sexe, Sapiens ou Harry Potter ont changé le monde à leur façon. À mon échelle, j’ai reçu un jour d’une lectrice inconnue, la photo de mon livre avec de nombreuses pages cornées. C’était bouleversant de m’apercevoir que mon roman avait à ce point interpellé, ne serait-ce qu’une seule personne.
“Le pouvoir des hommes repose sur des fictions collectives.” Yuval Noah Harari
J’ai toujours aimé imaginer des personnages, me figurer leurs péripéties, les tourmenter selon mes humeurs et les sortir d’affaire à ma guise. Écrire est jubilatoire. Humble démiurge, assise derrière l’ordi, tout devient possible à l’envi. C’est grisant. Bien sûr, écrire ce premier roman n’a pas été uniquement une partie de plaisir. Entre COLORI, ma famille et la vie, il a fallu écrire le soir, tard, quand la fatigue vous tape sur l’épaule pour vous désigner le lit, le week-end tandis que les loisirs et les amis vous attendent dehors, et parfois à la hâte, pour que le manuscrit avance. Tout cela n’est possible qu’en y prenant aussi beaucoup de plaisir.
Mon premier roman est né d’une promesse faite à moi-même. L’envie d’écrire un roman était forte depuis des années, mais je n’osais pas, je n’étais pas sûre d’en être capable. Et un soir, lors d’un dîner organisé par le magazine ADN auquel j’étais conviée, un jeu était proposé aux participants. Il consistait à s’écrire, à soi-même, un petit mot, à le cacheter dans une enveloppe pour qu’il nous soit envoyé un an plus tard par courrier postal.
Un an plus tard, j’ai en effet reçu cette lettre venant de moi, et j’avais tenu ma promesse.
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